Centre Européen
de Recherche et d'Enseignement
des Géosciences de l'Environnement

Prix de thèse d’Aix-Marseille Université

Le Prix de thèse d’Aix-Marseille Université est décerné à  Cécile Ansberque.

Ce prix récompense l’excellence des travaux de recherche sur "Etude tectonique et géomorphologique de la zone de faille de Longriba, Est Tibet Tectonic and geomorphology study of the Longriba faults zone, East Tibetan Plate", présentés lors de sa soutenance le lundi 11 Avril 2016 et menés sous la direction d'Olivier BELLIER et de Vincent GODARD, enseignants chercheurs du CEREGE.

Ce prix lui sera remis, le mercredi 22 novembre 2017 lors de la soirée scientifique d'Aix-Marseille Université qui se tiendra au siège de l'université, sur le site du Pharo en amphithéâtre Gastaut à partir de 17h.

Résumé de la thèse

Ce manuscrit concerne l'analyse géomorphologique et tectonique du système de failles de Longriba (LFS). Celui-ci est localisé à l'Est du plateau tibétain, à environ 200 km au NO de la chaîne des Longmen Shan et est constitué de deux zones de failles décrochantes dextres, parallèles et d'orientation N55°E : la faille de Longriqu, au Nord, et la faille de Maoergai, au Sud. Le rôle géodynamique de ce système est primordial; il accommode 5 ± 1 mm/an de la composante décrochante induite par la convergence oblique du bloc Aba, elle-même liée à la collision Inde-Asie. L'analyse d'images Pléiades de haute résolution (50 cm), couplée à une analyse de terrain, a permis de définir la segmentation du système et d'appréhender son comportement sismogénique Holocène. La faille de Longriqu apparaît comme une structure mature avec une vitesse de déplacement latérale de 3.2 ± 1.1 mm/an et possède un comportement sismique caractéristique. La faille de Maoergai, très segmentée, apparaît moins mature. Des variations de pendages sont observées le long de cette faille témoignant d'un pendage sub-vertical vers le NO et de son caractère hérité. L'activité décrochante de la faille de Maoergai est, d'après des reconstitutions de paléo-reliefs et des données de paléosismicité préexistantes, estimée au Miocène. L'analyse des vitesses de dénudation, par la méthode des nucléides cosmogéniques (10Be), a permis de mettre en évidence un gradient de vitesses de dénudation croissant depuis les zones de bas relief et de hautes altitudes du Plateau vers les Longmen Shan, contrôlé par le LFS. Au travers de ce dernier, les vitesses augmentent brutalement de moins de 0.1 mm/an au Nord, à 0.3-0.6 mm/an au Sud. Combinée avec une analyse morphologique, ces résultats permettent de proposer que le LFS sépare un domaine préservé de l'érosion régressive d'un domaine déjà bien incisé. Je propose d'autre part une réorganisation du réseau de drainage de la Minjiang, drainant la marge Est tibétaine, lié à la réactivation de la faille de Maoergai, c'est-à-dire au Miocène. Enfin le gradient de vitesses d'exhumation, quantifiées par des données de thermochronologie basse température, se corrèle parfaitement à celui des taux de dénudation cour terme. L'exhumation du bloc Aba se serait brutalement arrêtée autour de 100 Ma, après une rapide phase d'exhumation. Au niveau du LFS, l'exhumation est restée constante depuis ~80 Ma, alors qu'au SE du LFS, l'exhumation s'est brutalement accélérée à 10 Ma probablement en lien avec une vague d'érosion régressive au sein du bassin de la Minjiang. Ces résultats supportent la présence de zones reliques de bas relief au NO du LFS, présentent à hautes altitudes avant la fin du Cénozoïque. Cette étude permet également d'envisager que la faille de Maoergai, en particulier, est active entre 10 Ma et l'actuel avec une composante verticale non négligeable.