Centre Européen de Recherche et d’Enseignement
des Géosciences de l’Environnement

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Morphodynamique fluviale et côtière

Intervenants : Edward Anthony (Professeur AMU), Francois Sabatier (MdC AMU), Michal Tal (MdC AMU), Doriane Delanghe-Sabatier (IGE AMU), Philippe Dussouilliez (IR CNRS), Jules Fleury (IR AMU), Issa Sakho (Post Doc CNRS)

Ce sous-thème s’adresse à deux éléments essentiels qui sont la morphodynamique fluviale et côtière, centrée sur l’étude et la compréhension des formes fluviales et côtières et leur évolution à travers l’analyse des bilans morpho-sédimentaires et des processus et la façon dont ces bilans et processus sont modulés dans le temps et dans l’espace. Le sous-thème intègre, en outre, l’impact et la vulnérabilité, qui permettent de bien relier le volet morphodynamique à des considérations sociétales en étudiant la façon dont les interactions réciproques entre formes et forçages, de plus en plus modulés par l’activité anthropique, en induisant impacts et vulnérabilité pour l’Homme.

  • Le volet fluvial portera sur le fonctionnement et les mutations des systèmes fluviaux liées ou non à l’ingénierie fluviale et à des aménagements à l’échelle des bassins versants. Le volet portera un intérêt particulier aux liens d’alimentation sédimentaire depuis la source en amont jusqu’aux puits estuaires et deltaïques (‘source-to-sink’ approach) et la place des aléas dans le fonctionnement du système fluvial. Une attention particulière sera apportée aux systèmes aval, plaines littorales et deltas, soumis à des processus d’accumulation sédimentaires dominants depuis des millénaires, mais dont le fonctionnement est perturbé depuis 1 siècle environ par les rétentions sédimentaires en amont (reboisements, barrages, aménagements fluviaux). La déstabilisation des chenaux fluviaux et des embouchures sera étudiée dans quelques sites majeurs (deltas du Rhône, du Danube, du Mékong). La quantification des dépôts sur les marges alluviales et dans le chenal et leur capacité de remise en suspension seront évalués par des carottages et par l’analyse d’images : l’identification de traceurs géochimiques fournira une chronologie et une valeur des taux de sédimentation/remise en suspension à partir des sites de stockages temporaires. La dimension ‘risques’ est abordée dans le cadre d’une analyse des processus liés à des événements de haute intensité, crues et mouvements de terrain (susceptibles de constituer des sources d’alimentation torrentielle), et tempêtes.
  • Le volet côtier se focalisera essentiellement sur le fonctionnement : (1) des systèmes côtiers sableux comportant des plages, des dunes éoliennes et des cordons ou barrières divers et (2) sur les systèmes vaseux associés aux littoraux sous influence amazonienne et aux littoraux de deltas asiatiques (notamment le Mékong).

Les travaux porteront sur les échanges sédimentaires qui animent ces côtes dans le sens transversal (cross-shore) et longitudinal (longshore), avec un accent particulier sur des concepts de cellules sédimentaires et des bilans morphosédimetaires. La situation d’interface des systèmes côtiers les soumet à des aléas relevant aussi bien d’événements de haute énergie à des fréquences et des intensités variables que de mécanismes continus à des rythmes plus ou moins lents, et plus ou moins exacerbés par l’action de l’Homme. Un élément central par rapport à ces aléas concerne le bilan sédimentaire dont le déficit ou l’excédent peut avoir un impact considérable sur les systèmes côtiers fragiles, de type sédimentaire. Les recherches porteront sur la réponse de ces systèmes, aussi bien en termes de processus que de caractérisation de faciès, face aux aléas : (1) d’apport et de redistribution sédimentaire, (2) de hausse
progressive du niveau marin, les côtes basses étant particulièrement régies par l’équilibre entre le bilan sédimentaire et l’espace d’accueil sédimentaire, plus ou moins conditionné à long terme par le niveau marin.