Centre Européen de Recherche et d’Enseignement
des Géosciences de l’Environnement

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Ports antiques et paléo-environnements

Christophe Morhange (Professeur AMU), Matthieu Ghilardi (CR CNRS), Nick Marriner (CR CNRS), Jules Fleury (IR AMU), Philippe Dussouilliez (IR CNRS), Doriane Delanghe-Sabatier (IGE AMU), ....

Où, quand et comment les sociétés ont transformé le milieu littoral ? A quelles échelles et à quels
rythmes ces impacts se sont-ils produits ? Notre objectif est à la fois de caractériser et de quantifier les
impacts des activités humaines. En retour, nous identifions le rôle du milieu physique et de ses contraintes
dans l’histoire de l’occupation humaine. Notre approche essaie donc de faire la part entre les forçages
d’origine anthropique dominants et les causes naturelles souvent de plus en plus secondaires.
Depuis une dizaine d’années, le colmatage des ports antiques a intéressé une partie de la communauté
des géomorphologues et des archéologues. En relation avec le développement des grands chantiers
urbains et d’archéologie préventive, les archives sédimentaires sont devenues un objet de recherche
archéologique à part entière. Les faciès de colmatage des ports constituent en effet des archives
exceptionnelles qui permettent d’identifier les impacts d’origine anthropique en termes de variabilité, de
magnitude et de direction depuis des millénaires. Par la richesse de leur contenu (bioindicateurs,macrorestes, artefacts), les sédiments permettent d’écrire à la fois une histoire de l’occupation du sol, de la
mobilité des rivages et des dynamiques naturelles qui ont affecté ces secteurs littoraux A travers de
nombreux sites d’étude, nous avons déjà pu développer une démarche pluridisciplinaire entre l’approche
archéologique et de l’analyse paléo-environnementale.. Cette approche intégrée utilise les archives
sédimentaires piégées dans les bassins portuaires afin de définir la géoarchéologie des civilisations littorales
méditerranéennes du Bronze à l’époque médiévale (voir moderne). Ces recherches mettent l’accent sur
deux points : (i) une étude des archives sédimentaires depuis 6000 ans et (ii) une analyse intégrée amontaval
de l’ensemble des bassins versants, depuis les sources sédimentaires au niveau marin. Ce type de
recherche pluridisciplinaire n’a encore jamais été envisagé et s’articule selon deux volets principaux :
Volet 1 : Géoarchéologie des ports antiques. L’objectif principal est l’étude des interrelations entre les
sociétés humaines et l’environnement à trois niveaux d’échelles spatiales : Locale, à l’échelle du bassin
portuaire (hectare) ou micro-régionale, à l’échelle de la ligne de rivage (niveau de base, kilomètre),
Régionale, à l’échelle du bassin-versant (centaines de kilomètres carrés) et Méditerranéenne, par
comparaison inter-sites, grâce au réseau de chercheurs.
Nous insisterons sur la question des potentialités du milieu naturel, des risques littoraux et des
vulnérabilités. Le delta du Nil est un de nos objets d’étude privilégié.
Volet 2 : Identification et protection du patrimoine archéologique littoral. Un des enjeux culturels
majeur de cette thématique est la protection du patrimoine archéologique littoral et sous-marin, ainsi que sa
place dans le paysage des villes portuaires modernes. Notre projet étudie donc les impacts passés des
sociétés sur leurs environnements afin de proposer des schémas directeurs d’aménagement durable du
littoral. Les sites étudiés dans les quatre ans à venir seront : France, Italie, Ports antiques de Malte, Turquie,
Chypre, Syrie, Liban, Israël, Egypte, Tunisie, Espagne, Mer Noire.