Centre Européen
de Recherche et d'Enseignement
des Géosciences de l'Environnement

ANR WarHol : Les glaciers dans un monde en réchauffement : enseignements des enregistrements Holocènes obtenus à partir du nouvel outil de datation « carbone-14 in situ »

Période de financement : 2015-2020

PI Irene Schimmelpfennig (CEREGE)

Participants du CEREGE : Georges Aumaïtre, Edouard Bard, Lucilla Benedetti, Régis Braucher, Didier Bourlès, Magali Ermini, Yoann Fagault, Vincent Godard, Valéry Guillou, Karim Keddadouche, Laëtitia Léanni, Marie Protin, Thibaut Tuna

Collaborateurs : Vincent Jomelli (Laboratoire de Géographie Physique, Meudon), Joerg Schaefer (Lamont-Doherty Earth Observatory, USA), Melaine Le Roy (EDYTEM, Chambéry), Philip Deline (EDYTEM, Chambéry), Christian Schlüchter (University of Bern)

Site web: lien

L’objectif de ce projet est d’implanter en France le nouvel outil de datationcarbone-14 in situ” et d’établir au CEREGE un nouveau groupe de recherche consacrée à des questions fondamentales sur le retrait glaciaire suite aux changements climatiques. Le retrait quasi global des glaciers de montagne est un des effets parmi les plus visibles et inquiétants du réchauffement global. Quelles en seront les conséquences environnementales et sociétales à court et long terme ? Les glaciers répondent de façon sensible aux petites variations climatiques, particulièrement de température, mais aussi des précipitations. Comprendre le lien entre la dynamique des glaciers et le climat au cours de l’Holocène, la période interglaciaire actuel (les dernières ~11 500 années), permet d’évaluer les effets du changement climatique actuel sur les glaciers, puisque l’Holocène est caractérisé par des variations climatiques d’amplitude modérée avec des conditions climatiques similaires à l’actuel. Il a été montré que l’Holocène moyen était dominé par des longues périodes chaudes avec des températures qui étaient probablement plus élevées qu’aujourd’hui. Comment les glaciers ont-ils réagi aux paléo-réchauffements ? Se sont-ils rétractés à des positions plus petites qu’aujourd’hui ? Tous les glaciers se sont-ils rétractés pendant la même durée ? Si oui, pendant combien de temps and quelle est la signification pour le retrait actuel ? Les dépôts glaciaires préservés, en particulier les moraines, sont les témoins de la réponse des glaciers aux refroidissements passés et font l’objet de recherches exhaustives. La réponse glaciaire aux réchauffements, comme ceux pendant l’Holocène moyen, est beaucoup plus difficile à reconstruire, puisque les traces géologiques ont été détruites par les avancées glaciaires pendant l’Holocène supérieur.

Dans ce projet nous allons développer en France une nouvelle méthode de détermination des durées d’exposition et d’enfouissement qui permet d’explorer le retrait glaciaire holocène : les mesures couplées des nucléides cosmogéniques 14C et 10Be produits in situ dans le socle rocheux mis à nu suite au retrait glaciaire actuel et donc accessible pour l’analyse des concentrations en nucléides cosmogéniques accumulés pendant les périodes passées pendant lesquelles le socle rocheux n’a pas été recouvert de glace. Cette approche innovatrice associée à la datation haute résolution de moraines holocènes par le 10Be, nous permettra d’établir des chronologies de dynamiques glaciaires, en insistant sur les périodes des glaciers en position rétractée, sur un profile le long des Alpes de l’ouest et centrales. L’accent sera mis sur les reconstructions chronologiques des fluctuations glaciaires afin de valider le nouveau chronomètre, cependant nous envisageons aussi de coupler les données chronologiques avec la cartographie digitale des éléments glacio-géomorphologiques afin de modéliser les changements de ligne d’équilibre et de proposer des scénarios de conditions climatiques (température/précipitation) associées.