Centre Européen
de Recherche et d'Enseignement
des Géosciences de l'Environnement

Olivier Bellier

Après 10 ans en tant que chercheur « pur et dur » (à l’IRD, à l’IGN puis au CNRS), j’ai tenu à changer un peu de métier et j’ai choisi de m’engager dans l’enseignement. Ce choix volontaire était guidé par le besoin de « témoigner » de la science, le besoin de partager un savoir que j’accumulais un peu égoïstement. Parmi les charges d’un enseignement-chercheur, hormis la recherche qu’il continu à exercer avec passion, il y a la nécessité de communiquer ses connaissances et son savoir, de transmettre la Recherche… La Science n’a souvent aucune raison d’être si elle n’a pas de finalité, ou si elle n’a personne pour l’ « écouter ». Futura-Sciences joue aussi ce rôle de transfert du savoir avec succès… Futura-Sciences ouvre les portes de la connaissance avec réussite et bonheur. Bravo à Futura-Sciences !

Résumé du parcours scientifique

Après avoir suivi un cursus « classique » de géologie à l'Université Paris-Sud, à Orsay, Olivier Bellier a fait ses « armes de tectonicien » en Chine et au Pérou, où il a passé respectivement deux et seize mois. Au Pérou, il avait la responsabilité d'un projet de tectonique des failles récentes et sismiques en tant que Volontaire du Service National à l'ORSTOM (aujourd'hui l'IRD, Institut de Recherche pour le Développement).  Les résultats de ces travaux ont donné lieu à la rédaction d'une thèse d'Université soutenue en 1989.

Ensuite, en tant que chercheur au CNES (CDD), il a travaillé, en collaboration avec des chercheurs de l'USGS de Californie (United State Geological Survey), sur une zone de failles actives, à l'Est de  la très célébre faille de San Andréas qui découpe, du Nord au Sud, la côte occidentale des Etats-Unis d'Amérique. Ensuite, son parcours l'a conduit à l'IGN (Instiutut Géographique National) où en tant que Chargé de recherche (chercheur en CDD), il a contribué à l'élaboration d'une nouvelle instrumentation aéroportée de géodésie, d'une part, et participé aux missions de géodésie (mesures GPS) issues de la collaboration entre le CNRS (Centre National de Recherche Scientifique) et l'IGN. Ceci l'a amené à travailler notamment dans l'Est de l'Afrique (Djibouti, Ethiopie). Il est ensuite rentré au CNRS comme chercheur, où il a travaillé pendant presque dix ans. Son sujet de recherche était l'analyse des failles actives, et son principal chantier, l'Indonésie (Sumatra, Sulawesi). Mais durant cette période il a arpenté de nombreux terrains à la recherche des failles actives et à la poursuite des Tremblements de Terre, en Turquie, en Argentine et au Venezuela... C'est durant cette période qu'il s'est intéressé aux failles et aux séismes en France, et plus particulièrement en Provence.

Les failles françaises sont un peu moins intéressantes scientifiquement car elles « bougent » moins vites que les grandes failles des zones fortement sismiques évoquées précédemment, et ne produisent par conséquent que peu de séismes. Toutefois, elles peuvent produire des séismes destructeurs tel que celui de Provence en 1909, d'où la portée sociétale de cette étude qui lui « tient à cœur ». C'est en 1999, qu'il a été contacté pour un poste de Professeur à l'Université d'Aix-Marseille. Il est donc aujourd'hui Professeur et il exerce ses fonctions de recherche au CEREGE (Centre Européen de Recherche et d'Enseignement en Géosciences de l'Environnement), en essayant d'allier de manière équilibrée les trois fonctions qui définissent ce poste : Administration de la recherche et de l'enseignement et responsabilités collectives, Enseignement et Recherche. C'est en Iran qu'il focalise l'essentiel de son activité de Recherche où les failles sont nombreuses et très actives. Mais il continue bien sûre à travailler sur le risque sismique en Provence.

Principaux thèmes de recherche

  • Tectonique « vivante » et Risque sismique
 : Observations et Modélisation

Confrontation de différentes approches complémentaires

Tectonique et géomorphologie

Imagerie satellitaire et géodésie

Étude des failles actives et évaluation de l'aléa sismique

Études sur l'évaluation de l'aléa sismique dans plusieurs secteurs soumis à des déformations crustales importantes ou modérées. Objectif : localiser et quantifier les paramètres de la déformation de l'échelle du cycle sismique (100 à 10.000 ans) à l'échelle de la tectonique des plaques (Million d'années).

Étude des mécanismes de la déformation discontinue (Faille) en domaine de marges actives (subduction/collision) et en domaine à convergence oblique.

Analyse des processus de la déformation de la croûte et des phénomènes qui leur sont associés (magmatisme, champs de contrainte et de déformation).

  • Interprétation et  traitement d'image et du signal topographique -Analyse d'images satellitaires  et de la topographie numérique (MNT)  en vue d'identifier et caractériser

les déformations actives de l'écorce terrestre.

Exemples de zones étudiées :

Arc de Sumatra et faille de Sulawesi (Indonésie), domaine de déformation de l'Afrique de l'Est (Djibouti, Etiopie), Bassins Nord chinois, Faille Nord Anatolienne (Turquie), Failles Nord Américaines (Californie, Nevada), Cordillères des Andes (Pérou, Venezuela, Argentine), Failles SE France, Déformation crustale en Iran,

Formation

• 1982 - DEUG B (option géologie), Université Paris XI, centre Orsay.

• 1983 - Licence de géologie, Université Paris XI, centre Orsay.

• 1984 - Maîtrise de géologie, Université Paris XI, centre Orsay.

• 1985 - D.E.A. de Tectonophysique, Université Paris XI, centre Orsay.

• 1989 - Thèse d'Université - Titre  «Étude néotectonique de la Cordillère occidentale du Nord Pérou et étude sédimentaire et tectonique du bassin de la Wei He (Chine du Nord). », Université Paris XI, centre Orsay.

• 1998 - Habilitation à Diriger des Recherches - Titre « Tectonique active et cassante, champs de contrainte et aléa sismique le long de Grands Systèmes de Décrochements. », Université Paris XI, centre Orsay.

 Parcours

1987 - 1989 - Volontaire du Service National à l'ORSTOM (aujourd'hui : Institut de Recherche pour le Développement, IRD) affecté au  Pérou (1987-1988), puis Allocataire de recherche ORSTOM (1989).

1989- 1991 - Contrat de recherche CNES (Centre National Etudes Spatiales) affectation CNRS (Orsay)  et   USGS (Menlo Park, Californie, USA).

1991-1992 - Chercheur (Chargé de Recherche) à l'Institut Géographique National (IGN) - Contribution à l'élaboration d'une instrumentation Laser aéroportée en vue de la mesure de petites déformations (projet IGN / ELF - SNEAP); Participation aux programmes de Géodésie (projets : Afar, Sumatra...).

1992- 2000 - Chercheur (Chargé de Recherche) au CNRS Affectation à l'équipe CNRS d'Orsay.

Depuis Septembre 2000 - Professeur des Universités à l'Université Paul Cézanne Aix-Marseille.

Principales responsabilités

- Président du Département des Sciences de l'Environnement de la Faculté des Sciences de l'Université Paul Cézanne Aix-Marseille - Ce Département réunit les disciplines suivantes : Géosciences de l'Environnement, Chimie Analytique, Génie des procédés, Biologie des populations et écologie.

- Membre du Conseil de Direction du CEREGE (Centre Européen de Recherche et d'Enseignement en Géosciences de l'Environnement).

- Membre du Conseil de Direction (Conseil d'URF) de la Faculté des Sciences et Technique de l'Université Paul Cézanne Aix-Marseille.

- Responsable de l'Equipe « Morphogenèse et Risques Naturels » du CEREGE.

- Membre du Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Géologique de Haute Provence.

- Expert au  Comité de Pilotage du projet de Service Public /u>NEOPAL mis en place par le MEDD (Ministère de l'Ecologie et Développement Durable).

- Membre élu du Comité et du Conseil d'Administration (1998-2004) du CNFG (Comité National Français de Géologie - sous tutelle de l'Académie des Sciences) et au bureau (Secrétaire adjoint (2001-2004).

- Président du Comité Lithosphère France - comité national français de ILP (International Lithosphere Program /IUGG et IUGS) (1999-2004).

Le métier

Le géologue

Le géologue arpente des terrains plus ou moins lointain, à travers monts et forêts, déserts, toundras et autres  paysages à la recherche de nouvelles roches constituant la Terre, à la chasse aux informations sur l'histoire de la terre. En effet, la géologie étudie la terre, sa nature, son histoire et ses déformations... C'est au travers de la tectonique, ma spécialité, que le géologue va étudier les déformations qui modèlent les roches et les paysages, transforment les océans en montagnes, produisent des tremblements de terre... C'est souvent au travers de la lecture des paysages et de la topographie, grâce à  la géomorphologie, que le tectonicien analyse et comprend la vie des déformations et l'histoire récente de celles-ci qui se manifeste sous forme de séismes, ou tremblements de Terre.

Le Chercheur 

Le plus souvent mes travaux se font au travers de collaborations avec d'autres chercheurs étrangers, ou d'autres chercheurs d'autres disciplines... L'approche pluri-disciplinaire étant aujourd'hui une des clefs de la réussite dans la recherche...

L'ensemble de ces observations et leurs interprétations sont consignées dans des articles ou des rapports scientifiques... La rédaction de ces écrits constitue une grande part de notre travail. C'est la phase « partage et transmission » des connaissances et du savoir.

L'enseignant-chercheur 

Après 10 ans en tant que chercheur « pur et dur », j'ai tenu à changer un peu de métier et j'ai choisi de m'engager dans l'enseignement. Ce choix était guidé par le besoin de « témoigner » de la science, le besoin de partager un savoir. Parmi les charges d'un enseignement-chercheur, hormis la recherche qu'il continu à exercer avec passion, il y a la nécessité de communiquer ses connaissances et son savoir. On appelle ça « l'enseignement  par la recherche », car notre enseignement évolue avec nos recherches, avec l'évolution et l'amélioration de nos connaissances. C'est donc un volet de notre métier très gratifiant car l'on doit partager et communiquer son savoir...

Le Professeur d'Université 

Vous connaissez les produits « 2 en 1 », maintenant je vous présente le métier 3 en 1... En effet, hormis l'enseignement et la recherche, passionnantes activités, la charge de Professeur d'Université  implique très souvent un poste à responsabilités... Responsabilités où le Professeur devra administrer la recherche et/ou l'enseignement. A ce rôle il devra manager et administrer des projets, des activités et des « Hommes »... Pour ma part je dirige un département, le Département Environnement de ma Faculté qui comprend plus d'une cinquantaine d'enseignants-chercheurs, qui enseignent à des centaines d'étudiants. Tout aussi passionnant...

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