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Centre de recherche et d’enseignement
des géosciences de l’environnement
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La lutte contre l’érosion littorale

L’érosion côtière est un phénomène qui n’épargne aucun des États côtiers membres de l’Union européenne. En 2004, environ 20.000 kilomètres de côtes, représentant 20 % de l’ensemble des côtes de l’Union, sont particulièrement affectés par ce phénomène (rapport Eurosion, 2004).

À l’échelle régionale, la région PACA est considérée comme très exposée au risque d’érosion côtière. Cette évaluation se base sur la densité de population vivant dans l’aire d’influence de l’érosion côtière, la présence de zones industrielles et d’espaces à haute valeur écologique, ainsi que la croissance des zones urbaines côtières entre 1975 et 1990 (rapport Eurosion, 2004).

En réponse à cette menace, les fronts de mer des zones urbaines, touristiques ou industrielles ont généralement été aménagés au moyen de digues, brise-lames, jetées, ou autres structures en enrochements, qui visent à protéger les constructions ou autres biens situés sur la côte.

Or, la plupart des études menées en Méditerranée française (Sabatier, 2001, Samat, 2007, Suanez, 1997, Certain, 2002, Durand, 1998) ont mis en évidence les impacts environnementaux négatifs des aménagements « durs » (digues frontales, épis, brise-lames), construits en majorité lors de la première phase d’aménagement du littoral (entre 1970 et 1990), à une époque où l’urgence et le manque de connaissance approfondie du phénomène érosif justifiaient des interventions lourdes.

Ces études ont démontré l’inefficacité de ces méthodes au-delà d’une certaine période, voire l’existence à moyen terme d’effets aggravants sur l’érosion induits par ces aménagements. Ces impacts négatifs se cumulent avec les nuisances paysagères et la pollution des sites, lorsque ces derniers ne sont pas entretenus fréquemment.

Depuis 1986, la loi littoral, qui se donne pour objectif le développement durable des côtes, interdit la reconstruction des protections dont l’effet aggravant sur l’érosion est avéré, tout en privilégiant les opérations « ayant un caractère expérimental ou exemplaire quant à la méthode mise en oeuvre ». Les nouvelles directives sonnent donc théoriquement le glas du « hard engineering » dans le cas de côtes à forts enjeux environnementaux ou économiques.

On dénombre plusieurs « familles » de solutions alternatives au « hard engineering » (UK-CHM Report, 1999) en fonction de leurs modes et zones d’action et de l’effet désiré sur le littoral. Cependant, l’emploi de méthodes alternatives reste largement anecdotique sur les côtes françaises, pour diverses raisons:

Ces méthodes sont mal connues des gestionnaires en charge des côtes, qui sont souvent sceptiques quand à leur efficacité et leur préfèrent les méthodes traditionnelles.

Elles sont donc peu employées et manquent -de fait- de validation expérimentale.

Elles ont également un coût important, dû notamment aux études de terrain préalables à leur implantation, mais également à l’absence de généralisation de ce type de procédés en raison de leur spécialisation (action ciblée), qui les distingue du « hard engineering ».

Lire la suite de l’article, Méditerranée (Revue géographique des pays méditerranéens)

L’érosion des plages du Var, François Sabatier, Maître de Conférence, France 3, Dimanche en politique, 19/04/2024
L'érosion des plages du Var, François Sabatier, Maître de Conférence, TF1 Bonjour, la Matinale (à 7h40), 21/04/2024
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